René Magritte
René Magritte, A la recherche de l’absolu (I), 1940, huile sur toile
Se référant au roman éponyme d’Honoré Balzac, qui raconte l’obsession d’un homme pour ses recherches scientifiques, René Magritte réalise trois versions de A la recherche de l’absolu. Dans celle-ci, la ramure d’un arbre évoque la forme d’une feuille. Il est ainsi réduit à son essence graphique « pure » : sa partie foliaire. Dans un paysage à la ligne d'horizon très basse, un soleil rougeoyant s’apprête à disparaitre dans une luminosité bleutée. Au centre, tel un axe de symétrie, l’arbre se dresse sur toute la hauteur de la toile, lui conférant une échelle démesurée.
Après avoir exploré les courants d‘avant-garde tels que le cubisme, le futurisme et le dadaïsme, Magritte se tourne dès 1920 vers le surréalisme. Chef de fil du mouvement en Belgique, il rassemble de nombreux artistes qui, comme lui, jouent sur le quotidien, les images associées aux mots, l‘humour, la dérision et la provocation. André Breton lui reprochera d’ailleurs son manque d‘engagement politique et l’aspect trop construit de ses toiles.
Magritte conçoit des « images poétiques visibles » usant du langage et d’associations étranges, mais avec une technique relativement académique et illusionniste. Il crée ainsi des images déroutantes à partir d‘objets du quotidien placés hors de leurs contextes, et dont les échelles sont modifiées.