Historique du batiment
Le Musée des Beaux-Arts de Liège et son écrin emblématique, La Boverie, sont porteurs d’une histoire mouvementée, faite de scissions, de regroupements, de déménagements et de rénovations.
Depuis plus d’un siècle, ses collections n’ont cessé d’évoluer, au rythme des choix culturels et des transformations de la Ville de Liège
Dates clés
Avant le 20e siècle Collections itinérantes, tantôt conservées à l’Hôtel de Ville, puis à l’ancienne Église Saint-André ou encore à la Halle aux Drapiers.
1903 : Création du musée des Beaux-Arts, dans un bâtiment jouxtant l’Académie royale des Beaux-Arts, rue des Anglais.
1905 : Le Palais des Beaux-Arts est inauguré à l’occasion de l’Exposition Universelle de Liège.
1914-18 & 1940-45 : Les Allemands investissent le Palais des Beaux-Arts.
1952 : Exaltation du sentiment wallon et scission des collections avec la création du musée de l’Art wallon, installé au parc de la Boverie, avec le cabinet des Estampes et des Dessins
1958 : Le Palais des Congrès remodèle le paysage.
1961 : La Tour Schöffer est érigée dans le parc de La Boverie.
1981 : Un Musée de l’Art wallon et de l’Évolution culturelle en Wallonie prend ses quartiers à l’îlot Saint-Georges. Le bâtiment de La Boverie devient Musée d’Art moderne.
1993 : Après restauration du bâtiment de La Boverie, il devient Musée d’Art moderne et d’Art contemporain (MAMAC).
2011 : Création du BAL (Musée des Beaux-Arts de Liège), regroupant la totalité des collections : art wallon, art ancien, art moderne, art contemporain, cabinet des Estampes et des Dessins à l’îlot Saint-Georges
2015 : Signature d’un partenariat d’une durée de 10 ans avec le musée du Louvre.
2016 : Inauguration de la Boverie, 111 ans après l’inauguration du Palais des Beaux-Arts.
Histoire du bâtiment
Comment imaginer, au début du 19e siècle, que le site de la Boverie serait au cœur du nouveau visage de la Ville de Liège ? A l’époque, ce quartier, situé au centre des Prés Mativa est constitué de prés, d’îles et de houblonnières renommées. C’est en 1853 qu’il se métamorphose avec les travaux de la Dérivation de la Meuse. On y aménage des quais, le parc et les îles verdoyantes disparaissent. L’exposition Universelle de 1905 entraîne également des travaux d’infrastructures qui finissent de modifier son visage. La rectification du tracé de l’Ourthe, la construction des ponts de Fragnée et Hennebique et surtout l’érection du Palais des Beaux-Arts sont les derniers témoignages encore visibles de cette époque faste.
Conçu par les architectes Jean-Laurent Hasse et Charles Soubre, l’édifice du Palais des Beaux-Arts s’inscrit dans un style néoclassique, influencé par l’architecture sous le roi Léopold II. De style Louis XVI aux accents modernistes, le bâtiment, inspiré du Petit Trianon à Versailles, s’organise autour d’une rotonde centrale couverte d’une coupole. Au lendemain de l’exposition Universelle, le site est donné à la Ville de Liège par le comité organisateur. Ainsi, dès 1930, le palais abrite les collections du Musée de l’Art wallon et dès 1950, les collections du Musée d’Art Moderne jusqu’en 2011.
Grâce à des fonds européens et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le bâtiment a été revu par l’association momentanée des architectes Rudy Ricciotti et du cabinet liégeois p. HD. Dans ces aménagements, on retrouve les recettes architecturales qui font de Rudy Ricciotti un nom incontournable de l’architecture du 21e siècle. Puissance de création et culture constructive sont des éléments centraux de la structure en verre et résille de béton qui constitue l’extension du palais des Beaux-Arts. Grande de 1200m² et haute de 7m50, cette nouvelle aile surplombe la berge de la dérivation et complète les 4500 m² d’exposition. De cette intervention mesurée, Ricciotti dit : « ce que je pense de Liège, c’est que La Boverie est un véritable territoire, un territoire extrêmement romantique. Le musée existait et je ne souhaitais pas martyriser ni prendre en otage ce bâtiment. J’ai eu beaucoup de pudeur, comme on respecte un ancêtre ».
Pivot central de l’axe Guillemins – Boverie – Médiacité, cette intervention urbanistique donne un point final aux nouveaux aménagements rythmés par plusieurs grands noms de l’architecture d’aujourd’hui : Santiago Calatrava à la gare et Ron Arad à la galerie commerçante. La nouvelle passerelle cyclopédestre ainsi que la réinstallation de la tour cybernétique de Nicolas Schöffer achèvent de créer des ponts entre le bâtiment et son parc.