Jean Auguste Dominique Ingres
Jean Auguste Dominique Ingres, Napoléon Bonaparte 1er consul, 1804, huile sur toile
Ce portrait de Napoléon Bonaparte Premier Consul a été commandé par le futur empereur à Jean-Dominique Ingres en 1803. Napoléon, de retour de sa première visite à Liège, lui demande ce portrait officiel avec une visée clairement politique. D’abord, Bonaparte n'apparait plus comme un général de guerre fougueux, mais comme un chef d'État. Tout dans l'iconographie conforte cette idée : son costume en velours rouge, son épée d'apparat ornée du fameux diamant de la couronne de France « Le Régent », qu'il a racheté en 1801, et bien sûr, sa pose : la main glissée dans le gilet. Cette attitude, héritée des poses oratoires dans la sculpture antique, est à jamais associée à l’empereur dans l'imaginaire collectif.
Offert un an plus tard à la Ville de Liège, ce portrait est également pour Napoléon un moyen symbolique d'affirmer son autorité sur la cité qu’il a conquise aux autrichiens. Bien que figuré de manière discrète, il pointe le doigt sur le décret qui accorde à Liège la reconstruction du quartier d'Amercoeur, détruit par les Autrichiens lors de leur retraite.
Puis par la fenêtre, on aperçoit la cathédrale Saint-Lambert. Depuis la Révolution liégeoise de 1794, elle est en ruine mais Ingres l’a reproduite à partir de gravures. Sa présence fait référence au concordat de 1801, qui affirme la domination de l’état sur l’église catholique, tout en lui confiant le maintien de l'ordre moral.