Constantin Meunier
Constantin Meunier, La Coulée à Seraing, vers 1880, huile sur toile
En 1878, le peintre Constantin Meunier visite l’usine Cockerill de Seraing, l’une des plus vastes usines d’acier d’Europe, et y croque plusieurs scènes. Lorsque l’écrivain belge Camille Lemonnier lui demande un an plus tard d’illustrer son ouvrage La Belgique, Meunier en profite pour exploiter ses dessins.
A travers La coulée à Seraing il figure le procédé « Bessemer », importante avancée technologique dans la transformation de fonte en acier. La palette de couleurs employée évoque l’atmosphère étouffante de l’usine. Quant au grand format et aux contrastes lumineux en clair-obscur, ils mettent en avant les muscles tendus des corps et la rudesse du travail.
Pendant tout le 19e siècle, la Belgique est profondément transformée par l’industrialisation, et ce développement est particulièrement perceptible dans la région liégeoise. Fascinés par ce nouveau monde industriel et ouvrier, certains artistes, comme Constantin Meunier, en font leur thème de prédilection.
Militant actif du Parti Ouvrier Belge, Meunier va utiliser sa pratique artistique comme un instrument de revendication sociale. Il se spécialise dans la représentation de l’homme en milieu industriel, et dénonce les conditions de travail de la classe ouvrière. En élevant les ouvriers au rang de héros modernes de l’industrie sidérurgique, cette œuvre reflète parfaitement l’engagement social de l’artiste.