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Charlotte Beaudry

Charlotte Beaudry, Déesse-02, 2019, huile sur toile © Musée des Beaux-Arts de Liège / La Boverie
Charlotte Beaudry, Déesse-02, 2019, huile sur toile © Musée des Beaux-Arts de Liège / La Boverie

Charlotte Beaudry, Déesse-02, 2019, huile sur toile


Sur trois mètres de haut s’élève une femme, entièrement vêtue de noir, accompagnée de son autre. Reflet de soi ou sœur. Par sa monumentalité, cette Déesse saisit le spectateur qui devient témoin de son mouvement tout en restant hors champ.

Arrêt sur image. L’art ralentit le cours des choses.

Icônes contemporaines, les « déesses » exécutées par Charlotte Beaudry incarnent avec subtilité les identités féminines et leurs combats. À travers le roller derby, un sport inclusif et féministe — qu’elle découvre au sein d’une équipe parisienne (les Nasty Pécheresses) au début des années 2000 —, Charlotte Beaudry développe ce thème qui lui est cher, celui de la condition de la femme et, par le biais du sport, celui du dépassement de soi. Elle choisit précisément de représenter celle qui délimite le terrain. Pour l’artiste, peindre est une confrontation permanente, une lutte dont elle ne sort qu’en se dépassant.

Comme une chorégraphe dans l’espace, Charlotte Beaudry prend possession de la toile. Dans un décor minimaliste, elle installe des corps démesurés qui questionnent l’image et ses limites. En réduisant les sujets à leur contexte, elle neutralise tout effet narratif dans lequel le spectateur pourrait se projeter. L’artiste masque partiellement les visages des personnages — récurrence dans sa création — , pour qu’ils deviennent sujets universels et éviter le magnétisme du regard.
Peintre, sculptrice, céramiste, vidéaste, Charlotte Beaudry est une artiste belge auto-didacte qui vit et travaille à Bruxelles. En 2005, elle reçoit le Prix Georges Collignon, concours bisannuel belge de peinture. Elle participe à de nombreuses expositions collectives ou individuelles à Liège et à Bruxelles, mais aussi à Londres et à Bâle.
De janvier à mars 2022, elle prend également part aux résidences d’artistes des RAVI à Liège.

Son travail interroge principalement les relations entre la féminité et ses représentations, en confrontant son expérience intime à une réalité sociale plus large. Depuis 2006, l’artiste consacre sa peinture à l’évolution et à la place des adolescentes parmi les séries suivantes : Juliette (2006–2008), Mademoiselle nineteen (2010) ou encore le projet Stand-up (2019) dans le tunnel Annie Cordy (Bruxelles).

Stand-up interroge la posture comme expression de soi. Isolées, sur-dimensionnées, ces figures féminines évoquent aussi une certaine résistance, comme l’illustre également Sister (2020), intervention dans l’espace public liégeois pour la Triennale d'Art public de 2020 à Liège.
Déesse-02, achetée à l’artiste en 2024, convoque les tendances actuelles de la peinture figurative. Dans un répertoire visuel qui la caractérise, l’œuvre peint de
Charlotte Beaudry explores les frontières de l’image à travers la féminité, ainsi que des valeurs sociétales contemporaines qui la transcendent.